Youth Never Returns

[C-Movie] Youth Never Returns

Des jeunes gens qui se rencontrent au lycée et qui se retrouvent ici et là des années après. Une évolution assez éparse sur 15 ans. Des éléments de scénario sans aucun sens. Retour sur un film qui présente peu de logique et trop focalisé sur un élément assez désagréable.

« Si… Il n’y a pas de si. »

Informations

Titre original : 既然青春留不住 (Jìrán Qīngchūn Liú Bù Zhù)
Titre anglais : Youth Never Returns
Autres titres : 至少还有你 (Zhìshǎo Hái Yǒu nǐ) • I’ll Never Lose You
Pays : Chine
Genre : romance
Durée : 92 minutes
Tournage : du 1er mai au 7 juin 2015
Première mondiale : 17 juin 2015 au Festival international du film de Shanghai
Sortie : 23 octobre 2015
Production : Manfred Wong
Réalisation : Tian Meng
Scénario :
Gu Wei
D’après le roman 当菠菜遇上空心菜 de Gu Wei

Synopsis

Au début de l’année, les garçons d’un même dortoir écrivent le nom de la fille qui les intéressent sur un bout de papier, promettant de ne pas courir après la fille d’un autre. Bien qu’il soit déjà en couple, Wang Jing Hui décide d’écrire le nom de Zhou Hui, à la surprise de ses amis. En effet, Zhou Hui apparaît comme une fille ringarde portant des lunettes, mais elle a un secret que seul Jing Hui a découvert : elle est dotée d’une forte poitrine. On suit alors l’histoire de ces jeunes gens sur une durée de 15 ans, depuis le lycée jusqu’à l’âge adulte.

Distribution

Bande-annonce

Mon avis sur Youth Never Returns

J’avais visionné ce film dans le cadre du week-end dramanimique, avec ma mère. Fans de Joe Chen et de Zhang Han, lorsque nous avons vu l’affiche, nous nous sommes dit : « Chouette, ça va faire un bon dimanche après-midi ». Une demi-heure après le début du visionnage, nous avons d’un commun accord choisi de changer de film : c’était ennuyeux, et nous ne voyions pas du tout là où le scénario voulait nous emmener. Plus tard, je me suis quand même laissée mener par la curiosité et j’ai terminé Youth Never Returns. C’est à mon grand regret que j’avoue avoir perdu mon temps, n’ayant pas apprécié l’ensemble du film.

Scénario désagréable & romance incompréhensible

On nous présente plusieurs jeunes gens et nous apprenons plus ou moins à les connaître durant leurs années lycéennes, qui s’étalent sur la première moitié du film. Je suppose que l’un des objectifs du film était de nous rendre nostalgiques des vieux jours mais aussi de la musique de l’époque. Encore fallait-il s’y connaître un minimum en matière d’artistes asiatiques. En effet, le chanteur et acteur Leslie Cheung (pratiquement une légende ; il s’est suicidé en 2013) est mentionné plusieurs fois à travers le film.

Cependant, ce n’est pas la nostalgie qui nous frappe durant cette première partie, mais plutôt une incompréhension totale du scénario. En effet, l’héroïne a la particularité d’avoir une forte poitrine et les personnages (et donc le film) sont bien trop focalisés sur cet attribut, au point même d’en créer une chanson, dénotant une sensibilité absolument nulle. Où sont les épreuves de jeunesse ? Les sessions d’étude ? L’entraide scolaire ? Bon, d’accord, je suis de mauvaise foi, il y en a, mais bien trop peu comparé à l' »humour » adolescent sur le sexe et aux allusions continues sur le physique de Zhou Hui (ou des autres belles de l’école). D’ailleurs, je soupçonne Wang Jin Hui d’être tombé « amoureux » de Zhou Hui uniquement pour cette raison. Car il n’y a pratiquement aucun prélude à ses sentiments amoureux, intellectuellement parlant. Bon, en vrai, si, ils se parlent, ils discutent, ils boivent ensemble, ils apprennent à se connaître. Mais ces scènes sont trop rares et trop intégrées dans l’arrière-plan. La poitrine de l’héroïne revient toujours au centre de l’attention, qu’il s’agisse des comportements d’adolescents ou encore des surnoms et des chansons.

Des années plus tard, on retrouve les deux protagonistes qui se sont perdus de vue et se retrouvent par hasard. Et là encore, incompréhension totale : pourquoi Wang Jin Hui est-il resté autant épris de Zhou Hui ? Surtout qu’au lycée, il y avait au mieux guère d’interaction entre eux et aucune au pire. Quoi qu’il en soit, ils se retrouvent, et le script prend une tournure assez dramatique ; le héros semble enfin grandir. On entraperçoit un homme gouverné par son cœur plutôt que par ce qui me semblait n’être que du désir. Il semble avoir mûri d’un coup, mais la mise en scène reste décevante car elle n’est pas à la hauteur des sentiments dont Wang Jin Hui essaie de nous convaincre. Et puis, forcément, la poitrine fait son retour, cette fois-ci mentionnée par l’héroïne. En soi, c’est compréhensible considérant sa situation et les traumatismes liés à cette partie de son corps. Mais… après une heure passée sur une histoire revenant toujours sur ses seins, c’en est devenu lassant. En fait, pratiquement toute l’histoire est fondée sur cette poitrine, ce qui rend le scénario assez désagréable. Tout autant que l’est l’affiche de gauche ci-dessous, alors que le film a le potentiel d’être aussi romantique que l’affiche de droite.

Un rythme inhomogène

La première heure du film est consacrée à la présentation des personnages, à leurs années au lycée. Le rythme est plutôt lent, comme si on avait voulu mettre un filtre sur les belles années pour qu’elles durent plus longtemps. Puis le dernier tiers du film a marqué toutes les péripéties de l’histoire. En 40 minutes, de nombreuses informations nous tombent dessus d’un coup, les choses s’accélèrent et se gâtent, plusieurs bonds dans le temps se produisent. C’est un rythme très inhomogène, avec un début propice à l’ennui et une fin où il faut s’accrocher pour ne pas rater les informations qui s’enchaînent. Une meilleure répartition des minutes aurait peut-être permis de dynamiser le début de l’histoire, et de prendre le temps de développer certains passages de la seconde partie.

Les personnages secondaires

Wang Jin Hui était le lycéen qui faisait rêver toutes les filles de l’école, tandis que Zhou Hui portait le cliché de la fille au physique (et uniquement physique !) avantageux. Les caricatures n’ont pas épargné les personnages secondaires non plus. Nous nous retrouvons avec Zhu Ting, la belle du campus qui va créer des tensions au sein de l’amitié fraternelle. Par ailleurs, Feng Song est l’adolescent par excellence qui va rester fixé sur ladite belle. Les années passant, l’obsession de Feng Song envers Zhu Ting semble être le véritable amour, mais pendant longtemps, je suis sûre qu’il ne fait qu’idolâtrer l’apparence et non la personnalité de Zhu Ting. Quoi qu’il en soit, malgré son obsession presque perverse, je suis assez contente que le personnage de Feng Song ait été inclus dans l’histoire. En effet, c’est lui qui va apporter des petites doses de comédie ici et là, à la limite du ridicule, même. Enfin, l’amitié qu’il finit par développer avec Jin Hui (après un bas… très bas) et qui perdure à travers les ans reste belle à voir.

Youth Never Returns

Des thèmes effleurés mais sans plus

Ce qui est également frustrant, c’est la quantité de thèmes intéressants qui aurait pu être développée, mais dont le film n’explore que la surface. Et encore. Par exemple, on a une belle critique que la superficialité humaine en ce qui concerne le physique : si la poitrine est forte ou si une demoiselle est jolie, un garçon lui courra forcément après. Au contraire, nous avons vu des adolescentes au physique moins avantageux être repoussées immédiatement. Autre exemple de thème à peine abordé : l’art, et la musique en particulier. C’est clairement un élément important de l’histoire, avec toutes les références musicales qui tombent, mais à part un héros qui joue parfois de la guitare et qui chante, il n’y a aucune vision plus précise du domaine. En fait, le film n’aborde pas du tout la question des carrières, du futur professionnel. Il reste focalisé sur les relations, ou l’absence de relation en l’occurrence. Il y a juste un voyage émotionnel à travers les âges, avec les mêmes personnages, qui nous est présenté. Le film essaie de vendre une romance profonde dont moi, téléspectatrice, n’a pas été convaincue.

Titres chinois

Le titre chinois principal possède un sens assez direct, plutôt bien traduit en anglais. En effet, 既然青春留不住 veut littéralement dire « Puisque la jeunesse ne peut rester », ce qui signifie qu’un retour vers le passé et la jeunesse n’est pas possible. Une fois adulte, l’enfant a grandi. Voilà donc un titre qui accentue encore plus la volonté de la production de donner un sentiment de nostalgie et de maturité au film. Cette notion de temps qui s’écoule est également illustrée dans l’affiche ci-dessous, avec le sable du temps. Quant au titre chinois alternatif, il permet d’expliquer la fin du film. En effet, 至少还有你 signifie « Au moins, je t’ai encore, toi » et je ne m’épancherai pas dessus car cela pourrait vous spoiler la fin de l’œuvre.

Youth Never Returns

Enfin, le titre du roman permet d’apporter une certaine lumière sur les personnages, grâce aux jeux de mots qu’il comprend. Celui-ci est 当菠菜遇上空心菜 (dāng bōcài yù shàng kōngxīncài) et veut littéralement dire « Quand un épinard rencontre un liseron d’eau ». À priori, cela n’a pas grand sens, mais en réalité, le titre réfère directement aux personnages. Le terme « bōcài » (épinard) est utilisé pour décrire Zhou Hui car elle a une forte poitrine. En effet, dans l’argot chinois, lorsqu’une fille est bien équipée, on dit qu’elle a beaucoup de « bo ». Quant à « kōngxīncài » (liseron d’eau), cela fait référence à Wang Jin Hui, qui n’a qu’un beau physique mais rien dans la tête. En effet, la tige d’un liseron d’eau est creuse. Si l’on veut aller plus loin, « kōngxīn » signifie littéralement « cœur vide ». Voilà comment un titre peut en dévoiler autant sur les personnages qu’il met en scène. Cette représentation a également donné les images utilisées pour les affiches individuelles des protagonistes (voir la partie Casting de cette critique).

Bande-son

Pour terminer, voici la bande-son principale du film. Je vous mets la playlist ci-dessous, mais les vidéos sont réalisées avec des scènes du film et donc propices au spoil. La chanson chantée par Victor Wong, intitulée 还好有你 (« Heureusement que tu es là »), est douce et nostalgique, de même que 夜色 (Night Light) interprétée par un ensemble d’artistes. Au contraire, la chanson 滚蛋歌 chantée par Zhang Han est plutôt jeune et pétillante. Enfin, la chanson éponyme 至少還有你  (du titre alternatif) de Sandy Lam est chantée par un ensemble d’artistes dans le film, et je dois avouer avoir trouvé cette chanson d’amour et de tristesse très jolie. Dommage que toutes ces musiques n’aient pas réussi à rattraper le film malgré les jolies mélodies, du moins à mes yeux.

Conclusion

Le fait de voir un couple fictif composé de deux acteurs que j’apprécie beaucoup n’a pas réussi à sauver le film à mes yeux. Ce qui en dit long sur la façon dont je l’ai perçu, puisque je suis généralement plutôt bonne critique. Mais là, j’ai vraiment eu du mal à accrocher et à trouver un point qui m’ait vraiment plu. Youth Never Returns traîne en longueur sur la première moitié, puis ne prend pas le temps de développer la seconde moitié durant laquelle tout s’enchaîne bien trop brusquement. En soi, c’était plutôt pas mal car à ce moment-là, je n’en pouvais plus trop de l’histoire, et ça a dynamisé un peu le scénario. Une meilleure répartition temporelle aurait peut-être pu améliorer le niveau, qui n’est déjà pas bien haut vu la propension du script à revenir sur cette fichue poitrine ! Il ne me reste plus qu’à lire le roman un jour, en espérant qu’il soit meilleur que son adaptation cinématographique. Toutefois, ce ne sera pas pour tout de suite… Et vous, l’avez-vous déjà vu ? Lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Youth Never Returns

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