FFCP

12e Festival du Film Coréen à Paris

Du 24 au 31 octobre 2017 s’est déroulé le 12e Festival du Film Coréen à Paris (FFCP). Les cinéphiles ont donc eu l’occasion de regarder sur grand écran de nombreux métrages coréens. Étant sur Paris, j’ai eu l’occasion d’y participer et je vous raconte (presque) tout !


Sommaire

Présentation
Mon FFCP
Organisation générale
Cérémonie d’ouverture
Retour sur les 18 films visionnés
Conclusion


Présentation

Le FFCP, anciennement nommé « Festival franco-coréen du film », est un festival à la renommée croissante qui a lieu chaque année fin octobre, début novembre à Paris depuis sa création en 2006. Devenu un rendez-vous annuel pour les fans du cinéma coréen, le FFCP a lieu dans les deux salles de cinéma du Publicis Cinéma au 133 avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris. Cette année, la capitale de la France est mise en valeur dans l’affiche du festival puisque celle-ci est composée des ponts de Paris.

Les séances programmées sont réparties dans plusieurs sections. La section Avant-première est composée de deux films. La section Évènements compte quatre longs-métrages. La section Paysage dénombre quatorze films pour une vision panoramique du cinéma coréen d’aujourd’hui. La section Portrait fait la lumière sur un cinéaste coréen émergeant ; la 7e édition de cette section présente trois œuvres du réalisateur Cho Hyun Hoon. La section Focus permet de visionner cinq œuvres qui revisitent les années 1980. Quatre Classiques sont également au programme. Trois séances de ShortCuts regroupent une vingtaine de courts-métrages ; c’est d’ailleurs la section compétitive du festival puisqu’elle est analysée par un jury professionnel et trois prix sont remis à la fin du festival. Enfin, le FlyAsiana Special permet de (re)découvrir l’univers de Lee Chung Hyun, gagnant de la sélection ShortCuts de l’édition 2016 du FFCP.

Comme l’année 2017 marque le 30e anniversaire des mouvements de protestation de 1987, nous pouvons dénoter un certain caractère politique dans les œuvres projetées. Plusieurs films portaient donc sur les années 80 de l’histoire sud-coréenne, et pas seulement ceux de la section Focus. Par ailleurs, nous n’échappons pas aux dénonciations des crimes de guerre commis par le Japon envers la Corée du Sud, ni celles de corruption des autorités sud-coréennes. Retrouvez en détail les informations sur les films projetés sur le site du FFCP. Voici le programme en image ci-dessous dont le PDF est disponible ici.

FFCP - programme

À partir de la plupart des longs-métrages projetés lors du FFCP, une bande-annonce a été réalisée. Sur fond de Greatness par Delicate Beats, elle a été diffusée à chaque début de séance et permet d’avoir un patchwork des œuvres du festival.

Enfin, des artistes sont invités chaque année pour l’occasion. Des sessions questions/réponses peuvent ainsi être organisées avec acteurs, réalisateurs et producteurs coréens. Cette année, nous avons eu l’honneur d’être en présence de :

  • Kim Kyoung Won pour The Artist: Reborn (réalisateur)
  • Um Tae Hwa pour Vanishing Time: A Boy Who Returned (réalisateur)
  • Lee Wan Min pour Jamsil (réalisatrice)
  • Kim Sae Byuk pour Jamsil et The First Lap (actrice)
  • Cho Hyun Hoon pour Jane, Metamorphosis et The Mother’s Family (réalisateur)
  • Kim Hyun Seok pour I Can Speak (réalisateur)
  • Lee Je Hoon pour I Can Speak (acteur)
  • Jang Hoon pour A Taxi Driver (réalisateur)

Mon FFCP

Ayant déjà participé au FFCP en 2016, je suivais de près cette 12e édition depuis quelque temps déjà. Les titres sont tombés petit à petit, m’alléchant toujours de plus en plus. C’est qu’à force de traiter des actualités cinématographiques sur K.Owls, je devenais bien curieuse de visionner certains films. Enfin, les invités ont été révélés, et cela a fini de me convaincre d’y participer cette année encore, profitant d’être sur Paris (et au chômage) pour vivre l’aventure à fond. C’est ainsi que j’ai jeté mon dévolu sur le pass du festival et que j’ai visionné 18 films en l’espace d’une semaine. Sachant qu’en plus, l’un des jours de la semaine a été banalisé pour le concert de FTisland… Je ne suis pas encore prête à remettre les pieds dans un cinéma de si tôt. Bref, mon aventure FFCP ! Je vais vous présenter rapidement quelques étapes du festival. Je ne parlerai des films que j’ai vus qu’en quelques phrases : j’y passerai plus de temps dans mes futures critiques.

► Organisation générale

Ayant acheté le pass du festival, je pouvais retirer les places pour l’ensemble des films d’une journée dès la veille de chaque jour de programmation. Cela était plutôt pratique car ainsi, je n’avais pas besoin de faire la queue pour chaque séance une heure avant (ce qu’ont dû faire les détenteurs d’une carte de cinéma ou les spectateurs voulant acheter une place). J’ai ainsi pu mettre à profit ce temps pour patienter dans la queue du film suivant ou encore aller acheter de quoi me sustenter dans les boutiques alentour (généralement à la Brioche Dorée où il y avait moins de monde ou au McDo lorsqu’il me fallait un repas chaud).

En ce qui concerne l’organisation du festival, je regrette les retards qu’il y a eu sur le programme. Nous ne nous attendions pas à commencer le premier jour du festival avec 20 à 30 minutes de retard, par exemple. Certes, il y avait aussi des problèmes de transport en commun durant deux jours, en raison d’une coulée de boue dans le RER A. Mais cela ne s’appliquait pas à tout le festival. En soi, ce n’était pas bien grave pour nous qui enchaînions les séances, puisque le retard se répercutait sur la journée (même si j’ai bien remarqué l’effort fait pour rattraper ces délais) mais cela était peu confortable lorsque nous attendions dehors dans le froid.

En positif, je retiens l’affabilité agréable de la part du personnel et de l’organisation. C’était d’autant plus agréable que mes amies et moi étions là presque tous les jours. Finalement, nous avons été quelque peu repérées, ce qui nous facilitait tout de même quelques passages en caisse : plus besoin de sortir la carte d’identité avec le pass festival au bout de quelques jours, par exemple. J’ai également apprécié le fait de pouvoir plus ou moins jongler entre les films projetés dans deux salles différentes. Il a fallu faire des choix à certains moments, mais l’agencement des séances était tel qu’il était possible de choisir parmi les deux programmations. Et quelle programmation ! Il y avait vraiment pas mal de choix et parmi les films proposés se trouvaient des œuvres que je voulais vraiment découvrir. Par ailleurs, la petite collectionneuse que je suis a été ravie d’avoir eu quelques goodies du festival, même si je n’ai gagné aucune des nombreuses tombolas organisées durant le FFCP.

Enfin, en ce qui concerne les sous-titres, j’ai eu quelques réflexes d’éditrice durant quelques séances mais la qualité était présente sur une grande partie de la programmation. Par ailleurs, j’ai également apprécié d’avoir les doubles sous-titres (anglais et français) sur certains films. Mais là, c’est la traductrice que je suis qui parle !

► Cérémonie d’ouverture

Au départ, j’avais décidé de regarder A Taxi Driver le jeudi soir, séance comprise dans le pass et suivie d’une session questions/réponses avec le réalisateur. Malheureusement, mes plans personnels en décident autrement à la dernière minute et il me faut donc assister à la cérémonie si je veux voir ce film sur grand écran. N’ayant pas acheté ma place en prévente, je dois donc faire la queue une heure avant le début de la séance en espérant qu’il reste des billets en vente. Coup de chance, il en reste pas mal et je sors donc de la billetterie avec ma place de cinéma ! Je dis « coup de chance » car le film semble a été tellement populaire qu’une dernière séance de A Taxi Driver a finalement été programmée le dernier jour du festival au vu de la forte demande.

Quoi qu’il en soit, j’ai mon billet, on entre dans le cinéma, on prend place dans la salle. La cérémonie d’ouverture débute alors. Elle se déroule dans deux langues : français et coréen. Le festival est présenté, les personnes et entreprises ayant permis ce festival sont saluées. Divers directeurs prennent la parole, et on nous présente les réalisateurs ayant fait le déplacement pour cette édition et cette séance, dont le réalisateur de A Taxi Driver, film qui ouvre le festival. Je vous laisse retrouver l’ensemble de la cérémonie en image grâce à la vidéo ci-dessous de Cinéma coréen.

► Les 18 films visionnés

Liste : A Taxi Driver • No Money No Future • The King • The Artist: Reborn • I Can Speak • The Poet and the Boy • The King’s Case Note • The Battleship Island • V.I.P • La caméra de Claire • Jamsil • The Seeds of Violence • The 6 Days Struggle at Myong Dong Cathedral • The First Lap • Shortcuts 3 • The Fortress • New Trial • Midnight Runners

FFCP - A Taxi Driver

A Taxi Driver – 택시운전사 : j’attaque le FFCP avec ce film traitant du soulèvement de Gwangju. L’histoire se déroule en mai 1980. Un journaliste allemand apprend qu’il se passe des événements suspects dans la ville de Gwangju, mais les lignes téléphoniques sont coupées et la ville semble inaccessible. Il décide de se rendre sur place afin de découvrir la vérité. Pour cela, il engage un chauffeur de taxi de Séoul, qui ne sait pas dans quoi il s’embarque.

Le début est lent, on entre dans le quotidien du chauffeur de taxi. Puis l’intrigue prend doucement place, le mystère s’épaissit et l’intensité monte progressivement jusqu’à culminer à plusieurs moments de l’histoire. C’est l’ascenseur émotionnel. De plus, le casting tire magnifiquement son épingle du jeu : les émotions sont brillamment retranscrites. Qu’il s’agisse du chauffeur qui n’est là que par hasard avant de prendre conscience de la situation, du journaliste qui finit par comprendre son importance en matière de communication ou encore des habitants de Gwangju qui cherchent à comprendre ce qui leur arrive. Lorsque je ressors de la séance, je suis en larmes et je comprends pourquoi A Taxi Driver a fait autant d’entrées au cinéma en Corée du Sud. Tiré d’une histoire vraie, le récit est encore plus fort qu’une simple fiction. Je pourrais parler de la violence et de l’injustice vécue par les habitants, mais c’est l’héroïsme que je choisis de garder en mémoire. C’est l’histoire de deux hommes, hommes avant d’être héros, qui me marque. Une fois rentrée chez moi, je ne peux m’empêcher de me renseigner sur le soulèvement de Gwangju et sur le journaliste mis en scène dans le film. Ce qui déclenche une nouvelle vague de pleurs, étant encore dans l’ambiance du film, qui finit par devenir un coup de cœur. Un seul regret : il n’y a pas de session question/réponse avec le réalisateur Jang Hoon à la fin de cette cérémonie d’ouverture. Je me suis donc contentée de l’interview réalisée par East Asia et de la vidéo enregistrée par Cinéma coréen lors de la session du surlendemain.

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FFCP - No Money No Future

No Money No Future – 노후대책없다 (mercredi 25/10 – 12 h) : il s’agit d’un documentaire sur plusieurs groupes de punk coréens. On découvre le contexte dans lequel ces artistes évoluent, le public coréen parsemé qu’ils attirent, mais aussi leur quotidien plus qu’ordinaire. Bien qu’il soit intéressant de suivre leur histoire, de découvrir leur monde et surtout de découvrir les personnes réelles qui se trouvent derrière ces groupes musicaux, la musique présentée n’est absolument pas mon genre de son. Qui plus est, le film est tourné sur le vif par l’un des musiciens, ce qui donne une impression de réalisation un peu hachée. Je n’ai pas pu m’empêcher de fermer les yeux durant quelque temps au milieu de la séance.

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FFCP - The King

The King – 더킹 (mercredi 25/10 – 14 h 20) : on entre dans une tout autre atmosphère. Le film conte l’ascension du procureur Park Tae Su dans le monde judiciaire. Ambitieux, il découvre qu’être procureur ne donne pas autant de pouvoir qu’escompté. Jusqu’au jour où il croise le chemin du procureur Han, l’un des fonctionnaires les plus en vogue du pays. Il découvre alors le prestige, la gloire et le luxe. Mais plus on a de pouvoir, plus la chute est douloureuse…

Ce film dénonce la corruption et le pouvoir sur un fond de comédie. Il jongle entre situations cocasses voire absurdes, les scènes sombres et les personnages désespérés. Je pensais voir la belle ascension d’un homme de milieu modeste, et celle-ci a bien lieu, mais c’est sa déchéance brutale qui me touche et m’intéresse le plus. C’est là que Jo In Sung devient magistral dans l’interprétation de son personnage, tout comme Jung Woo Sung qu’on ne présente plus. Par ailleurs, je découvre Ryu Joon Yeol dans un rôle de mafieux et le charisme qu’il dégage est incroyable. Enfin, je retiens la cinématographie très sombre mais d’une esthétique magnifique. Peut-être n’est-ce que moi, âme apparemment sensible, mais je n’oublie pas non plus les quelques scènes « difficiles » qui ont été tournées. Les chiens et le sang, très peu pour moi, même si j’y ai survécu.

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The Artist: Reborn – 아티스트: 다시태어나다 (mercredi 25/10 – 17 h 10) : c’est l’histoire de Giselle, une peintre qui revient en Corée après dix années passées au Danemark. C’est une artiste qui a un avis sur tout dont la rencontre avec Jae Beom, jeune directeur d’une galerie d’art et en quête de nouveaux talents, change tout. Il porte un grand intérêt pour les toiles de Giselle qui prennent vite de la valeur. Rien ne va pourtant se passer comme prévu, surtout lorsque le décès soudain de Giselle est annoncé.

Voilà un film qui se veut une satire du monde artistique et de tous les personnages qui le composent : artistes, acheteurs, marchands d’art, etc. L’histoire se déroule en deux temps. Tout d’abord, on nous présente une héroïne dont l’excentricité passe pour un manque de personnalité. Jae Beom, au contraire, est un personnage antipathique au caractère trop prononcé. Puis les rôles finissent par s’inverser lorsque Giselle redevient In Sook (son prénom coréen) pour retrouver sa dignité et que Jae Beom perd prise sur la réalité. Plein de cynisme, le film surprend par un certain humour noir, la comédie absurde et le semblant de thriller proposé. Les thématiques intéressantes sur lesquelles s’appuie le film sont malheureusement noyées dans un scénario pas assez fluide. La satire n’est pas assez prononcée et j’ai fini par me perdre de plus en plus vers la fin, alors que le scénario devient de plus en plus flou. À mes yeux, The Artist: Reborn présente donc un nouveau monde mais le script reste à revoir.

Le visionnage est suivi d’une session question/réponse avec le réalisateur Kim Kyoung Won. Je vous laisse la retrouver en image dans la vidéo filmée par Cinéma coréen. Par ailleurs, East Asia a mis en ligne l’entretien réalisé avec le réalisateur qui nous explique un peu son œuvre.

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FFCP - I Can Speak

I Can Speak – 아이 캔 스피크 (mercredi 25/10 – 20 h) : Na Ok Boon, une vieille dame, dépose sans cesse des plaintes au bureau du quartier, et ce pour la moindre petite chose. Lorsque Park Ming Jae est muté dans ce bureau, c’est lui qui va prendre en charge toutes ses doléances. Il reste courtois bon gré mal gré, mais tout va changer lorsque la vieille dame va se tourner vers lui pour qu’il lui apprenne à parler anglais.

Ce film est le dernier que je visionne en ce mercredi d’octobre. Comme mon amie est rattachée à l’Institut Sejong, j’ai la chance de pouvoir entrer dans la salle parmi les premiers, avec eux. Sachant que le réalisateur et que l’acteur principal seront parmi nous après la séance de visionnage, je me cale donc confortablement au tout premier rang de la salle. Celle-ci se remplit rapidement, la séance est complète. Commence alors un film dont je n’imaginais pas du tout le thème principal. On pense au départ qu’il s’agit du rapport entre Ok Boon et Min Jae, l’amitié qui se développe et la communication qu’ils mettent en avant grâce à l’anglais. Cependant, I Can Speak est bien plus que cela. La portée du film va au-delà du simple problème de communication, et je ne peux vous en parler plus au risque de vous spoiler. Sachez juste que c’est l’un des trois films du FFCP qui m’a fait pleurer et qu’il est l’un de mes gros coups de cœur. Même si le début peut sembler long et banal, l’ensemble est tout sauf cela. Les deux premiers tiers du film ne sont qu’un prélude à la péripétie principale, ils permettent d’apprendre à mieux connaître les personnages et à nous attacher à eux avant que le cœur du sujet ne nous soit exposé et nous bouleverse. Le script est vraiment réussi.

À la fin de la séance, le réalisateur Kim Hyun Seok et l’acteur Lee Je Hoon nous rejoignent dans la salle et prennent place sur la scène. Commence alors la session question/réponse qui se déroule très bien à l’aide de l’interprète. Il est difficile d’en dire plus sur les questions soulevées sans spoiler, je préfère donc vous laisser découvrir la session en image dans la vidéo ci-dessous (qui contient donc des spoilers). L’échange dure 45 minutes et elle est vraiment enrichissante, avec deux artistes qui ont l’air vraiment adorables. Pour terminer, voici un fun fact : un spectateur demande à Lee Je Hoon si une saison 2 du drama Signal est prévue, plongeant la salle dans le rire. L’acteur ne s’attend pas du tout à une question sur ce rôle-ci ; il répond que c’est son souhait, mais que cela ne dépend pas que de lui. (NB : aujourd’hui, alors que j’écris ces lignes, nous avons des nouvelles officielles concernant ce projet, cette saison 2 est en prévision !)

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The Poet and the Boy – 시인의 사랑 (jeudi 26/10 – 12 h) : sur l’île de Jeju, Taek Gi aspire à être reconnu comme poète, mais doit se contenter de donner quelques cours du soir de poésie à des élèves de primaire. Depuis peu, sa femme veut un enfant, à son grand désarroi lui qui n’est pas sûr du tout de vouloir être père. D’autant qu’après consultation, le couple apprend que les spermatozoïdes de monsieur sont rares et flemmards. Taek Gi va alors faire la rencontre d’un garçon qui va chambouler sa vie.

Ce film présente une narration assez calme et contemplative, à l’image du poète rondouillard et apathique même si elle prend parfois un ton humoristique pour briser l’atmosphère sérieuse qui s’installe par moment. C’est l’histoire d’un poète qui se cherche, autant en tant qu’artiste qu’en tant qu’homme. Lorsqu’il rencontre le garçon, sa vie bascule et le drame commence. Le poète va alors questionner ses sentiments et sa potentielle homosexualité. Cependant, la façon d’aborder la chose m’a mise un peu mal à l’aise, probablement parce que le garçon n’est, justement, qu’un garçon. Le poète a plus une valeur de mentor au vu de la différence d’âge et, surtout, de maturité. Par ailleurs, le garçon donne un ton énigmatique au film puisque son point de vue n’est jamais donné : y a-t-il réciprocité  des sentiments ? Personnellement, c’est un film un peu trop poétique pour moi et le film lui-même met en avant ce ton rêveur du poète lorsque celui-ci est ramené à la dure réalité par sa femme et son entourage. Il vit dans un monde qui ne lui est pas adapté et la tristesse qu’il manifeste en est la preuve. D’ailleurs, c’est ainsi que l’on comprend la non-reconnaissance du métier de poète en Corée du Sud, sujet abordé aussi subtilement que l’a été l’homosexualité. Voilà donc un film assez doux aux thématiques taboues et intéressantes, juste pas vraiment mon genre de film à moi.

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FFCP - The King's Case Note

The King’s Case Note – 임금님의 사건수첩 (jeudi 26/10 – 14 h 15) : Yoon Yi Seo est le nouveau chroniqueur royal à la Cour. Sa tâche consiste à suivre le Roi partout et consigner ses faits et gestes pour la postérité. Mais le Roi n’est pas comme Yi Seo l’imaginait : il aime les énigmes, la magie et l’action. Alors quand un crime menace la stabilité du pays, le Roi décide de mener lui-même l’enquête au désespoir de Yi Seo, qui ne s’imaginait pas que chroniqueur royal se révélerait être un poste si dangereux.

Moi qui redoute un peu les films historiques, The King’s Case Note est une très belle découverte. L’œuvre met en avant la comédie qui est pleinement assumée, à l’aide d’un roi à l’esprit brillant et de son chroniqueur maladroit dont la dynamique n’est pas sans rappeler Sherlock Holmes et Docteur Watson, d’autant plus que les acteurs Lee Sun Kyun et Ahn Jae Hong ont su créer une belle alchimie. Il est hilarant de voir le Roi tourner son chroniqueur en bourrique. Ce dernier doit d’ailleurs s’adapter à ce Roi bien différent de l’idée qu’il s’en faisait, et une fois sa naïveté en partie envolée, c’est son espièglerie que l’on découvre. Ce qui amène un nouveau lot de boutade. The King’s Case Note est une histoire résolument moderne dans un contexte d’antan (et les potentiels anachronismes me font encore réfléchir) et un ton comique revendiqué. En somme, j’ai bien ri et la soirée fut excellente !

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FFCP - The Battleship Island

The Battleship Island – 군함도 (samedi 28/10 – 20 h 55) : pendant la Seconde Guerre Mondiale, les forces coloniales japonaises emmènent de force plusieurs centaines de Coréens sur l’île d’Hashima, un camp de travail où ils sont fait prisonniers et envoyés à la mine. Parmi eux se trouvent le chef d’orchestre Lee Kang Ok qui ne souhaite que protéger sa fille, le bagarreur Choi Chil Sung qui s’avère être chaleureux et le résistant infiltré Park Moo Yeong qui élabore un plan d’évasion.

C’est un film un peu choc qui permet de mettre la lumière sur un crime de guerre commis par le Japon durant la guerre. Les protagonistes coréens sont enrôlés de force pour travailler dans des conditions exécrables et inhumaines pour le compte de l’ennemi. L’histoire est présentée à l’aide d’une belle cinématographie empreinte de réalisme, trop même pour l’âme sensible que je suis : les scènes de violence crue ne sont pas nombreuses mais ne laissent place à aucune imagination. Il faut également savoir que l’authenticité n’est pas complètement au rendez-vous puisqu’on fait à peine mention des prisonniers chinois. The Battleship Island revisite un fait historique en faisant de celui-ci un divertissement épique. L’histoire est mouvementée, le calme ne fait que précéder des accès de bravoure ou de fureur, le script tend progressivement vers un final explosif. Enfin, j’ai trouvé le casting magistral, à la hauteur de mes attentes. C’est une fois sortie du cinéma que je fonds en larmes, touchée par le fond de vérité véhiculé par l’ensemble.

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FFCP - VIP

V.I.P – 브이아이피 (dimanche 29/10 – 12 h 25) : Kim Kwang Il est le fils d’un fonctionnaire nord-coréen de haut niveau, ce qui le protège des conséquences de ses crimes. En effet, il a commis une série de meurtres violents en Corée du Nord, puis continue de tuer en Corée du Sud. L’inspecteur Chae Yi Do de la police de Séoul a carte blanche pour l’arrêter. Cependant, il découvre vite que les services secrets sud-coréens semblent eux aussi s’intéresser à ce psychopathe, mais pas pour les meurtres qu’il a commis.

Un thriller se met en place avec V.I.P., qui veut tendre vers le noir sans l’être complètement. Le film nous présente un psychopathe aux belles manières et se révèle n’être qu’un enfant aux impulsions meurtrières qui s’accroche à quelques secrets pour rester intouchable. Des secrets que le scénario a assez mal choisis puisqu’il n’est guère envisageable d’être réellement protégé de la sorte pour ces secrets, surtout face au sang qu’il a fait couler. Une faille scénaristique assez évidente. Passons, puisque le film n’est pas porté par ce vilain, en fin de compte, mais par les trois hommes qui sont à sa poursuite pour des raisons diverses. Un inspecteur sud-coréen, un agent sud-coréen et un ancien inspecteur nord-coréen sont à ses trousses. Ils vont se croiser et se mesurer les uns aux autres, et ce sont les jeux qu’ils jouent qui rendent l’histoire intéressante. Par ailleurs, le film est un thriller mêlant une chasse au meurtrier avec des secrets d’État et donc la politique. Cependant, la morale de l’histoire reste floue (et la féministe en moi note l’absence de présence féminine dans le film excepté dans le rôle des victimes). Malgré tout, j’ai apprécié la cinématographie et la bande-son, surtout quelques bruitages qui ont eu le don de mettre bien mal à l’aise.

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La caméra de Claire – 클레어의 카메라 (dimanche 29/10 – 18 h 10) : lors d’un voyage d’affaires au Festival de Cannes, Manhee est accusée de malhonnêteté par sa patronne, et licenciée. Claire se balade dans la ville pour prendre des photos avec son Polaroïd. Elle fait la rencontre de Manhee, sympathise avec elle, la prend en photo et décide d’accompagner Manhee au café où elle a été licenciée.

Plébiscité par le Festival de Cannes et réalisé par Hong Sang Soo, je m’attends à un chef-d’œuvre mais finis bien déçue du film. Tout d’abord, je suis clairement déçue par l’absence de la dimension fantastique promise par le synopsis qui indique que « Claire semble capable de voir le passé et le futur de Manhee, grâce au pouvoir mystérieux du tunnel de la plage. […] C’est le moment de découvrir le pouvoir de Claire à l’œuvre… ». Au contraire, le film est plus réaliste que jamais grâce à la simplicité de sa réalisation. La banalité des échanges franco-coréens, sans artifices, donne naissance à des scènes fortes. Cependant, La caméra de Claire n’a aucun but, si ce n’est faire une autobiographie improvisée du réalisateur Hong Sang Soo. Il est mis en scène sous les traits de l’acteur Jung Jin Young et le film est une fausse fiction qui reflète la réalité : on retrouve la liaison médiatique qu’il a eue avec l’actrice Kim Min Hee et son passé avec la cinéaste Claire Denis, représentée par Isabelle Huppert. Malgré les belles prises de vue et le jeu de chassé-croisé, ce film un peu égocentrique est loin d’être un de mes coups de cœur.

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Jamsil – 누에치던 방 (dimanche 29/10 – 20 h 15) : un jour, Mi Hee, une inconnue, apparaît sur le seuil de la porte de Sung Sook, affirmant être sa meilleure amie, ce qu’elle n’est à l’évidence pas. Sung Sook la laisse entrer malgré tout, et commence alors un étrange jeu de rôle où chacune se révèle peu à peu à l’autre. Tandis que d’autres rencontres surviennent, le passé refait surface…

Premier long-métrage de Lee Wan Min, on ne peut nier la réalisation magnifique de Jamsil. Les couleurs ont été utilisées à bon escient pour évoquer la nostalgie chez le public. Car c’est là le but ultime du film, qui utilise les événements présents pour plonger le téléspectateur dans le flashback, transition mise en avant par les couleurs sépia. Le retour au présent est marqué par le blanc et noir tandis que les couleurs apparaissent en fondu progressif. Le présent reste cependant dans les tons ternes, illustrant la situation actuelle des protagonistes qui ont perdu de vue leur voie. Repliés sur eux-mêmes, vivant partiellement dans le passé, il est question de relation et de distance. Cependant, la cinématographie ne saurait éclipser un scénario finalement bancal. En effet, le film est difficilement compréhensible, et il faut le méditer quelque temps avant d’en saisir les aboutissants. Et encore. À croire que le scénario est volontairement insensé. Qui plus est, le récit tente d’incorporer trop de choses dans l’histoire : des réflexions politiques, des discours intellectuels, une part de fantastique étrange, etc. Et beaucoup trop de boucles temporelles. Un film beau, mais durant lequel je me suis ennuyée et dont je suis sortie égarée.

La séance est suivie d’une session question/réponse avec la réalisatrice Lee Wan Min, l’actrice Kim Sae Byuk et nous avons eu la surprise d’avoir la productrice Yoo Nakyong parmi nous. Nous en apprenons davantage sur le petit budget du film, et quelques autres questions sont posées. Vous pouvez les retrouver dans la vidéo ci-dessous. Parallèlement, je suis encore en train d’agencer les scènes du récit et mes amies et moi tentons de donner un sens à ce que nous venons de voir.

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The Seeds of Violence – 폭력의 씨앗 (lundi 30/10 – 12 h) : Joo Yong fait son service militaire. Alors que lui et sa section sont en permission, leur caporal-chef leur annonce un jour que ce supérieur est visé par une plainte pour sévices, émise par l’un de ses hommes. Le caporal-chef mène une enquête discrète mais violente pour découvrir qui a porté plainte, et ses soupçons se portent très vite sur Joo Yong et son cadet Philippe. Un incident va forcer les deux accusés à discrètement déserter pour aller faire soigner Philippe.

The Seeds of Violence, c’est l’histoire d’un jeune homme qui cherche à survivre dans l’armée, un milieu violent et isolé du reste du monde. La violence dans l’armée semble être le thème principal, mais le film va plus loin qu’une simple observation du milieu militaire. Il aborde la violence dans plusieurs milieux. Plus encore, Joo Yong nous est d’abord présenté comme une victime avant que cela ne devienne l’initiation à sa propre violence. L’itinéraire du protagoniste nous dévoile l’origine même de la violence, donnant tout son sens au titre de l’œuvre. La simplicité de la cinématographie (réalisée en 4:3) et de la bande-son (presque inexistante) renforce le réalisme de l’histoire, lui conférant un ton assez pesant. Cependant, je me lamente de la passivité affichée par les personnages : la violence n’est jamais vraiment affrontée et le film finit par n’effleurer que la surface des idées proposées.

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The 6 Days Struggle at Myong Dong Cathedral – 명성, 그 6일의 기록 (lundi 30/10 – 14 h) est un documentaire qui retrace les six jours d’affrontements à la cathédrale de Myong Dong ayant conduit au soulèvement démocratique de juin 1987. Dans la nuit du 10 juin, un groupe de manifestants poursuivi par la police s’est réfugié par le hasard des circonstances dans la cathédrale de Myong Dong. Leur lutte et leur espoir, ainsi que la situation politique de l’époque, sont racontés dans le film par diverses sources et témoignages. Bien qu’enrichissant, le documentaire n’introduit absolument aucun contexte et le public est directement plongé au cœur des événements. Qui plus est, la différence des informations apportées par les sous-titres anglais et ceux en français m’a pas mal déconcentrée, tant et si bien que j’ai fini par décrocher. C’est pourtant un sujet fort intéressant.

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FFCP - The First Lap

The First Lap – 초행 (lundi 30/10 – 16 h 05) : Ji Young, qui travaille pour une chaîne de télévision, et Su Hyeon, enseignant en art, sont en couple depuis 6 ans lorsque ce dernier apprend un jour que Ji Young a du retard dans ses règles. Le couple entreprend de rendre visite aux parents de chacun, à Séoul puis à Samcheok. Les retrouvailles vont rapidement révéler les fractures qui traversent chaque famille.

Ce long-métrage met en scène un jeune couple face aux attentes qu’ont les familles vis-à-vis de leur carrière mais aussi du couple en lui-même. Des deux côtés, un élément va pourtant se dégager : le manque de communication, qui va très vite mener à une atmosphère pesante et bien crédible. Il s’agit d’un film très intimiste, sans musique et composé de longs plans-séquences. Il en ressort une grande place pour le silence, conférant un certain réalisme à l’œuvre mais il devient parfois interminable et tend à ennuyer le public. Certes, The First Lap aborde la pression familiale, un sujet assez intéressant. Cependant, j’ai trouvé qu’il ne s’y passait finalement pas grand-chose, pour ne pas dire rien. Quant à la réflexion finale, je la cherche encore car le film ne propose aucune résolution. L’apathie des deux protagonistes n’aide pas non plus à rendre l’histoire palpitante. Elle reste donc malheureusement fade à mes yeux.

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Shortcuts 3  (lundi 30/10 – 18 h 40) est composé de six courts-métrages : un homme face à son double, une histoire de cubes, un prédateur mis en échec, une passion inconditionnelle pour la Corée, un parc et ses habitants et le pouvoir du destin. Je n’en ai vu que cinq et demi, ayant choisi de ne pas visionner la fin de la séance pour pouvoir manger et être dans les temps pour le film suivant projeté dans l’autre salle de cinéma.

Same Face Man – 항상 똑같은 표정의 남자 (19 min) : fatigué des gens qui se dissimulent derrière des sourires forcés, Jong Gu préfère dévoiler sa personnalité au grand jour lorsqu’il est photographié, à l’aide d’une grimace qui lui est propre, que cela plaise aux autres ou non. Unique en son genre, cela va pourtant le mener à une vie en solitaire jusqu’au jour où tout change. Un récit qui fait réfléchir sur la sincérité et les faux-semblants à l’aide d’une mise en scène qui faire rire.
The Realm of Deepest Knowing – 심심 (4 min) : parfois, il suffit de deux cubes pour raconter une histoire… IL s’agit d’une belle animation avec une fluidité dans le dessin.
So I. The Missing Children – 소이: 그림자를 훔친 아이 (19 min) : une fillette attend au côté d’un garçon de son âge qui est très concentré sur sa boulette de riz. Il ne voit pas la voiture sombre, qu’elle surveille. Le public est alors entraîné dans une histoire bien sombre qui touche à l’enlèvement et à l’abus d’enfants.
Feruza – 페루자 (24 min) : en grandissant devant des émissions coréennes, Feruza, une jeune Éthiopienne, commence peu à peu à se fasciner pour la Corée et rêve de s’y rendre un jour. Elle n’était pas prête de se douter qu’elle finirait par croiser dans son propre village deux jeunes Coréens prêts à tout pour l’aider à réaliser son rêve. D’après une histoire vraie, on découvre avec stupéfaction l’histoire de cette jeune fille dont la vie n’a pas toujours été facile. L’amitié qui va la lier au couple qui a réalisé ce court-métrage est également belle à voir.
Life in the Park – 공원 생활 (14 min) : à la lisière de la ville se trouve un parc glauque et sombre, peuplé de pauvres hères qui se débattent avec la vie. Une animation en noir et blanc réalisée avec ce qui ressemble à de la pâte à sel. L’ensemble est sombre et perturbant à mes yeux, sans esthétisme particulier ni finalité. Je me suis donc échappée en plein milieu de ce court-métrage.

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The Fortress – 남한산성 (lundi 30/10 – 20 h 40) : en 1636, le royaume de Joseon est attaqué par la dynastie Qing. Le roi Injo se réfugie avec sa suite dans les montagnes, dans la forteresse de Namhansanseong, bientôt prise d’assaut par l’envahisseur. Alors que le roi hésite sur la marche à suivre et que son armée protège la forteresse, deux de ses ministres s’opposent. Choi Myung Kil insiste pour que le roi traite avec les Qing alors que Kim Sang Hun exhorte le roi à résister coûte que coûte.

The Fortress est le film historique, guerrier et politique de ce 12e FFCP. L’œuvre nous fait part en détail de l’invasion épique de la Corée du XVIIe siècle par les Qing. On y découvre un siège rude et hivernal, marqué par des réserves qui se vident, la famine et quelques dirigeants trop arrogants pour se soucier des morts qu’ils causent. Dans la première partie du film, le contexte est dévoilé petit à petit, les conseillers du roi prennent position et le public assiste à des débats sans fin entre conseillers devant un roi indécis. Ces débats prennent une tournure plus intéressante dans la seconde partie lorsque deux conseillers du roi avancent tous deux des arguments opposés mais valables pour le bien de la nation. Il est alors question de sacrifice véritable pour le plus grand bien. En somme, The Fortress est un long-métrage enrichissant d’un point de vue historique et stratégique et j’ai beaucoup apprécié les belles vues. Cependant, il faut avouer que la majorité du film est consacrée aux discussions interminables, presque immatures, entre les haut placés et à la  misère dans laquelle vivent l’armée et le peuple coréen piégé dans la forteresse.

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FFCP - New Trial

New Trial – 재심 (mardi 31/10 – 12 h) : Hyun Woo a passé 10 ans en prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Joon Young est un avocat endetté qui cherche à relancer sa carrière. Il décide alors de prouver l’innocence de Hyun Woo. Ensemble, ils reprennent l’enquête à zéro.

Ce film s’inspire d’une histoire vraie et révèle la corruption des autorités. Malgré la légitimité du script, le déroulement scénaristique est prévisible, les clichés sont nombreux. Cependant, ce n’est pas un film juridique ou encore policier comme les autres. New Trial ne cherche pas à tomber dans le mélodrame ou la dépression, ni à opposer le bien au mal ; il n’est pas question d’héroïsme mais d’humanité. Le réalisateur a fait le choix de mettre en avant l’évolution des personnages, leur parcours humain et moral. Cela est accentué par la corruption et la brutalité affichées par les hauts gradés. La dure réalité dénoncée dans le film permet de rendre encore plus touchante l’histoire des protagonistes, je rage contre l’injustice jamais éradiquée. D’ailleurs, eux-mêmes ne sont pas parfaits : désabusés, cyniques et matérialistes, ils en sont parfois à la limite de l’insensibilité. Le duo formé par les acteurs Kang Ha Neul et Jung Woo finit de rendre New Trial touchant, indépendamment de la réalité retranscrite. C’est un bel hommage aux deux personnes réelles mises en scène dans ce long-métrage.

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Midnight Runners

Midnight Runners – 청년경찰 (mardi 31/10 – 14 h 35) : Ki Joon et Hee Yeol sont deux amis étudiant à l’école de police. Un soir, ils sont témoins du kidnapping d’une jeune femme. Lorsqu’ils préviennent les forces de police, celles-ci ne poussent pas l’enquête, engluées dans la bureaucratie et les preuves s’avérant insuffisantes. Les deux étudiants policiers décident alors de mener l’enquête eux-mêmes… mais ils ne sont pas forcément les plus fins limiers de leur classe.

Il ne faut pas se fier au genre apparent du film : c’est certes du policier, mais c’est surtout une comédie policière qui me fait rire à gorge déployée. On découvre deux héros aux personnalités contraires : Ki Joon est du genre sportif tandis que Hee Yeol est un intellectuel. Leur rencontre puis leur amitié déclenchent les gags propres aux clichés auxquels ils répondent. En fin de compte, la dynamique du film repose sur leurs interactions. Bien entendu, l’enquête qu’ils mènent est importante pour l’histoire, elle va susciter leur détermination. Cependant, elle n’est en fin de compte que le support qui va aider à faire briller ces deux jeunes étudiants en quête de justice. À noter, Midnight Runners est certes une comédie mais le scénario n’oublie pas de faire une critique voilée des forces de l’ordre coréennes, ni de mettre en lumière la menace représentée par le trafic d’organes, etc. Le script inclut des scènes bien dures mais toujours adroitement, sans basculer dans un autre genre.  Très bel équilibre entre l’humour et le sérieux. Pour terminer, la chimie entre Park Seo Joon et Kang Ha Neul a rendu le film bien agréable à visionner ! En somme, Midnight Runners est un buddy movie devant lequel on passe du bon temps et qui finit par devenir un coup de cœur.

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Conclusion

En l’espace de quelques jours, j’ai vu plus de films au cinéma que je n’en vois en un an (sans exagérer !). Au total, trois séances m’ont fait pleurer, d’autres m’ont donné le sentiment d’avoir perdu mon temps, mais je ne regrette pas cette aventure qui m’a permis de découvrir quelques pépites cinématographiques. Je suis juste déçue de ne pas avoir assisté à la cérémonie de clôture, mais un film d’horreur (The Mimic), ce n’est absolument pas fait pour moi. Par ailleurs, l’événement a marqué quelques très belles rencontres : j’ai enfin vu des nouveaux hiboux, fait la connaissance de nouvelles amies, passé du bon temps avec des filles adorables et j’ai même pu rencontrer des blogueuses et des youtubeuses ! Un bilan plus que positif pour terminer le mois d’octobre 2017 en beauté, à mon humble avis. Enfin, s’il m’est permis d’être sur Paris l’année prochaine pour le FFCP, il y a de grandes chances que je retente l’aventure une fois encore. À voir la programmation, et où j’en serai dans un an. Et vous, avez-vous participé à cette édition ? Vu certains des films proposés ? Quel est votre avis ?

Dernier fun fact pour la route : il y avait bien trop de scènes avec de la nourriture dans les séances qui tombent pile au moment du repas. Elles ont donné faim…

FFCP - Conclusion


Synopsis partiellement tirés du site internet du FFCP.
Les images proviennent de Daum.
Site internet : http://www.ffcp-cinema.com/
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Vidéos sur Cinéma coréen

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